Analyse d'opportunité: à quels besoins répond le wecena ?
Quels sont les publics cibles du wecena, leurs besoins et les alternatives possibles au wecena.
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L'offre analysée
Cette analyse d'opportunité porte sur l'offre « wecena compétences » qui consiste à fournir gracieusement aux innovateurs sociaux des compétences, de la créativité et de l'agilité technologique en informatique.
Cette offre consiste en 3 prestations de services :
- du prêt de main d'oeuvre informatique offert par des entreprises mécènes,
essentiellement des sociétés de service et d'ingénierie informatique (SSII), il s'agit là d'un mécénat en nature et, plus précisément, d'un mécénat de compétences ;
- du conseil offert par Wecena en proportion,
en proportion du volume de main d'oeuvre prêté par les entreprises mécènes, par exemple 1 jour de conseil offert par Wecena pour 10 jours offerts par les mécènes ; ces prestations de conseil sont rémunérées grâce à un budget également offert par les entreprises mécènes ;
- du bénévolat offert par les informaticiens salariés des entreprises mécènes,
il s'agit des informaticiens ayant cessé d'intervenir sur leur temps de travail et souhaitant poursuivre leurs interventions sur leur temps libre.
Bénéficiaires : le besoin de compétences
Par innovation sociale, on entend ici toute activité consistant à transformer substantiellement une société dans une finalité répondant à l'intérêt général. Les innovateurs sociaux sont pour la plupart des dirigeants d'associations mais aussi, fréquemment, des entrepreneurs sociaux, des responsables de fondations et fonds de dotation, des scientifiques de la recherche publique...
L'innovation sociale, selon cette définition, n'a pas d'existence statistique. Elle recouvre une grande diversité de statuts juridiques (certains coopératives, certaines entreprises d'insertion, certaines associations, certaines entreprises commerciales "de communion", le social business à la manière du prix Nobel de la paix M.Yunus...), de projets, d'activités et de domaines. Pour cette analyse, faute de mieux, nous adoptons le postulat que le secteur associatif est le plus représentatif des acteurs de l'innovation sociale.
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Le secteur associatif, en France, est dense et divers.
1.100.000 associations, chiffre en croissance régulière (+4%/an entre 2000 et 2006, +6% depuis 2006), le secteur représente 5% de l'emploi en France (1,9 million de salariés), en augmentation de 2,5% ces 6 dernières années. Il existe une grande variété de structures : 2/3 des associations disposent d'un budget inférieur à 7.500 €/an contre 1,5 million d'euros pour 5% d'entre elles, diversité des domaines d'activités d'intérêt général: culture, sport, environnement, santé, social, éducation, recherche, environnement, humanitaire...
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Les besoins informatiques des associations sont croissants et reconnus.
Le secteur a pris conscience de la nécessité de se professionnaliser notamment grâce aux exigences des financeurs (donateurs, financeurs, pouvoirs publics) en matière de professionnalisation (reporting, ...) et cela s'accompagne par l'adoption de l'outil informatique pour mieux remplir les missions sociales et en maximiser l'impact et donc par une prise de conscience d'un besoin croissant de compétences et de temps. Aux Etats-Unis, 95% des associations qui ont été accompagnées par des prestataires de services informatiques spécialisés dans le secteur non lucratif estiment que l'informatique est une chose importante pour leur permettre de remplir leur mission, et aussi pour le secteur non lucratif dans son ensemble. L'informatique a permis à 87% d'entre elles d'atteindre davantage de personnes ayant besoin de leurs actions.
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De nombreuses innovations sociales ou produits à finalité sociale reposent aujourd'hui sur l'outil informatique (produits éducatifs, aides techniques pour les handicaps, etc.).
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Mais le secteur manque de moyens informatiques.
Faute de disposer de chiffres fiables sur l'informatique dans les associations françaises, nous supposons que l'informatisation des associations aux USA est plus avancée qu'en France. Or 50% des associations américaines consacrent moins de 1% de leur budget à l'informatique et les grosses ONGs y consacrent moins de 2,5% de leur budget alors que les entreprises et services publics de taille équivalente y consacrent entre 2,6% et 8% de leur budget. La population bénévole, notamment dans le secteur de la solidarité, est notamment constituée de nombreux jeunes retraités n'ayant pas forcément vécu l'omniprésence de l'informatique dans leur fin de carrière et manquant de ce fait d'une certaine confiance et agilité face à l'ordinateur. Les associations peuvent bénéficier de matériels peu onéreux (matériel d'occasion, amorti par les entreprises puis donné) ainsi que de logiciels gratuits (dons par les éditeurs et logiciels libres) mais le coûts des compétences et prestations de services de professionnels de l'informatique restent souvent inaccessibles : une année d'un ingénieur informaticien avec quelques années d'expérience peut coûter autour de 80.000 €.
Bénéficiaires : notre offre de services
Wecena offre aux innovateurs sociaux l'accès gratuit à des
prestation de services informatiques.
Il peut s'agit de prestations de conseil, architecture, conception, développement, intégration, maintenance, déploiement, assistance, exploitation. Il peut s'agir de prestations portant sur des besoins d'informatique de gestion, gestion de la relation clients, logistique, e-learning, bureautique, sécurité, décisionnel, aussi bien en ingénierie des applications, qu'en ingénierie des infrastructures et des réseaux. Enfin, il peut aussi bien s'agir de technologies Web (Java, .Net, PHP) que de technologies embarqué, client-serveur, AS/400, mainframe, systèmes linux, unix, Microsoft...
Mais cette offre cible spécifiquement des projets informatiques :- ayant un potentiel d'impact social ou environnemental
- nécessitant au moins une année.homme de prestation
pour concentrer l'efficacité de cette aide et limiter les coûts de gestion,
- encadrés aux heures de bureau
car c'est sur leur temps de travail que des professionnels de l'informatique sont mis à disposition des bénéficiaires
- réalisables via Internet ou à proximité des informaticiens
dans un lieu géographiquement proche des zones de concentatrion des principaux effectifs d'informaticiens (Paris, La Défense…)
- pour lesquels un nouvel intervenant peut devenir productif dès ses premières 48H de présence
car les professionnels mis à disposition interviennent pour des durées de quelques jours et rarement de plus de 3 semaines, ce qui implique nécessairement :
- des projets dont l'ingénierie de gestion permet un découpage des tâches en unités indépendantes de quelques jours chacune,
- ou bien de projets déjà très encadrés et doté de moyens informatiques, auquel cas le professionnel mis à disposition intervient dans un rôle d'appoint, d'expertise, ou de transfert de compétences ponctuel,
- ou bien de projets techniquement très simples dans lesquels le nouvel intervenant peut comprendre tout le contexte technique en moins de 48H.
Bénéficiaires : 3 familles de projets
Depuis début 2008, nous avons identifié et contacté 45 innovateurs sociaux dont nous avons étudié les besoins informatiques pour repérer les types de projets pour lesquels notre offre est la plus pertinente. A ce jour, nous identifions trois familles de projets pouvant très fortement bénéficier de notre offre :
- Les nouvelles technologies d'innovation sociale
Il s'agit des projets technologiquement innovants, pour lesquels l'informatique apporte une rupture qualitative dans la faisabilité de l'innovation sociale qui est proposée :
adapter des manuels scolaires pour le handicap...... sur informatique pour permettre à des enfants handicapés de ne pas avoir à changer de classe car ils pourront continuer à suivre les mêmes cours que leurs camarades valides mais en utilisant des formes accessibles des contenus pédagogiques car adaptées à leur handicap,
modéliser la fonte des glaces...... due au réchauffement climatique grâce à un logiciel de recherche scientifique, pour mieux comprendre notre environnement.
Cette famille de projets, complexes technologiquement, repose nécessairement sur l'exploitation de méthodes et outils de gestion de projets informatiques spécifiquement issus de l'expérience des communautés d'informaticiens des logiciels libres (et open source). Ces projets sont organisés pour mobiliser de nombreux contributions occasionnelles et bénéficient donc assez facilement du wecena.
- L'informatique pour « passer à l'échelle »
Il s'agit des projets pour lesquels l'informatique est le moyen choisi pour pouvoir étendre de manière incrémentale l'impact d'une innovation sociale tout en gardant le contrôle sur les coûts de cette croissance :
professionnaliser des bibliothécaires en Afrique...... animation, via Internet, d'échanges de bonnes pratiques professionnelles au sein d'une communauté de responsables de bibliothèques locales dans les pays en voie de développement,
informatisation d'un centre d'études sur le handicap...... mise en place d'un réseau informatique local dans un centre d'études pour le handicap
Cette famille de projets, mêlant complexité technologique et spécificités des besoins de l'organisation bénéficiaire, repose à la fois sur la mise en place d'outils et méthodes open source et sur une implication importante des ressources humaines de l'organisation bénéficiaire (accueil, encadrement, pilotage...). Ils nécessitent un fort engagement d'encadrants permanents pour pouvoir bénéficier du wecena.
- L'informatique comme viaduc social
Il s'agit de projets pour lesquels l'informatique est autant un prétexte à la découverte humaine et à la rencontre entre des univers sociaux extrêmement distants qu'un outil de base mis à la disposition de personnes n'y ayant pas accès :
initier des exclus à l'informatique...... apprendre l'ordinateur, le clavier et la souris à des salariés en situation d'insertion professionnelle après une longue période d'exclusion et de non-accès à l'emploi, sous la forme d'ateliers personnalisés avec un professionnel encadrant pour 2 salariés en insertion,
sélectionner des contenus Web pour l'insertion de détenus en prison...... alimenter en contenus Web pédagogiques et attractifs le réseau informatique fermé d'une prison, pour des détenus en fin de peine et donc à « séduire » par des outils pouvant faciliter leur future réinsertion.
Cette famille de projets, d'une très grande simplicité technologique, est idéale pour permettre aux intervenants d'être utiles très rapidement et de consacrer leur attention à la découverte de problématiques sociales qui leur sont étrangères, et de cause auprès desquelles ils pourront facilement s'engager à titre bénévole.
Donateurs : intercontrat et marque employeur
Le wecena est rendu possible par le fait que les SSII ont un intérêt économique et stratégique non seulement à offrir de la main d'oeuvre prise sur les effectifs temporairement inoccupés (temps morts) mais également à reverser à l'organisation bénéficiaire l'économie d'impôts permise par ces dons de prestations de services et la loi fiscale sur le mécénat d'entreprise (article 238 bis du code général des impôts).
Recycler l'intercontrat : créer de la valeur à partir d'un temps mort
Les cabinets de conseil et les sociétés de services en informatique (SSII) organisent une part de leur activité de telle sorte qu'elles doivent gérer des temps morts structurels de quelques jours à quelques semaines pour chaque salarié, entre deux projets successifs auxquels il est affecté, le temps pour le management commercial de lui obtenir une nouvelle mission. Ces temps morts structurels, appelés « intercontrats » (ou « stand-by », « inter-chantiers », « inter-projets », « dispo' »...) concernent principalement des activités de prestation dites de « régie » consistant à dédier un informaticien à un client donné, dans les locaux du client, pour des périodes pouvant s'étendre sur plusieurs mois voire plusieurs années.
Chaque jour, en moyenne, de l'ordre de 7.000 informaticiens en France sont ainsi en inter-contrat.
En effet, les activités de régie représentent plus de 50% du chiffre d'affaires des SSII et éditeurs logiciels en France (source Syntec Informatique), pour un effectif de 283.000 salariés (source INSEE, code NAF 72, SSII et éditeurs logiciels). Quant au taux d'intercontrat, les estimations varient entre 0% et 20%. Aucun standard statistique n'est adopté pour l'évaluer objectivement. Les SSII tendent à minimiser ce taux de manière à faire valoir leurs bonnes performances de gestion. Les représentants du personnel tendent à majorer les volumes d'intercontrat de manière à souligner les défauts de gestion de ces périodes parfois difficiles à vivre pour les consultants et l'importance des pressions qui sont alors parfois exercées sur eux : « dois-je accepter cette nouvelle mission loin de mon domicile ? », « mon refus de mission peut-il justifier mon licenciement ? »... 5% d'intercontrat est un ordre de grandeur que l'on peut retenir hors période de crise pour une SSII de quelques centaines de salariés et ayant une importante activité de régie. Ce taux varie beaucoup selon l'état du marché et sur un rythme saisonnier.
Ces intercontrats représentent une ressource perdue (ou, au moins, largement sous-exploitée) dans les sociétés de plus de 200 salariés. Ces SSII mettent habituellement la priorité sur leur effort commercial visant à réduire la durée des intercontrats. Mais elles auraient aussi intérêt à trouver des moyens peu coûteux de créer de la valeur à partir de ces intercontrats. C'est l'un des leviers sur lequel s'appuie le wecena pour recruter des SSII mécènes.
Renforcer l'employabilité et faciliter les ventes
Lorsqu'une période d'intercontrat se prolonge au-delà de quelques semaines, il creuse un "trou" visible dans le CV de l'informaticien. Or son CV est l'un des principaux supports de vente pour l'ingénieur d'affaires qui essaie de lui trouver sa prochaine mission lucrative. Pas facile de répondre à la question du client : "Et entre telle et telle date, qu'avez-vous fait ?". Les meilleurs consultants sont supposés ne pas avoir d'intercontrat. Ainsi, les ventes en SSII sont conditionnées par l'employabilité des salariés et par l'absence de "trous" visibles dans leurs CV (à moins de procéder à des maquillages mensongers).
A l'inverse, une mission de wecena peut être perçue comme un vecteur d'apprentissage, un moyen d'exercer et de renforcer ses compétences professionnelles, qu'elles soient technologiques ou « humaines » (savoir-être et compétences relationnelles).
Le wecena est présenté comme un moyen pour maintenir "au top" l'employabilité des consultants, en évitant que l'inter-contrat ne laissent s'y creuser des trous visibles par les prospects (ou futurs employeurs). Au contraire, le wecena renforce certaines compétences du volontaire. Le manager commercial ayant des collaborateurs en mission de wecena met ainsi toutes les chances de son côté pour espérer vendre ses prestations au plus vite et dans les meilleures conditions.
Créer de la satisfaction employés et renforcer la « marque employeur »
A cause de ce fonctionnement des activités de régie, les salariés de SSII ont davantage de relations humaines avec leur client qu'avec leur management, avec lequel ils n'interagissent souvent qu'en intercontrat, dans la situation où leur management veut les convaincre d'accepter une nouvelle mission alors qu'ils s'interrogent sur l'intérêt de cette mission et l'adéquation de leurs compétences.
Par conséquent, nombre de SSII souffrent d'un déficit de fidélité de leurs employés, d'un déficit de culture et d'identité d'entreprise, d'une mauvaise « marque employeur », de taux de rotation du personnel très élevés (jusqu'à 20% de démissions par an) et donc d'un coût de recrutement d'autant plus élevé que les lycéens hésitent à se tourner vers les filières informatiques. Les petites SSII jouent sur leur image de « petite structure à taille humaine » mais, au-delà de quelques centaines de consultants, cette tactique ne tient plus.
Le wecena est présenté comme un moyen à très faible coût, voire à coût nul, pour permettre à l'entreprise d'améliorer la satisfaction de ses salariés en intercontrat, et donc leur motivation et leur fidélité ainsi que l'image de l'entreprise en tant qu'employeur (« marque employeur ») et donc son potentiel de fidélisation pour les meilleurs collaborateurs et son potentiel d'attraction pour de futures recrues.
Exercer la responsabilité de l'entreprise vis-à-vis de la société (RSE)
Ces arguments voient leur effet multiplié par l'émergence du concept de responsabilité sociale de l'entreprise (RSE) dans le secteur de la prestation informatique. Ce phénomène de contagion du développement durable à cette branche d'activité s'illustre par l'apparition de questionnaires développement durable dans les appels d'offres informatiques de grands comptes tels que La Banque Postale et a entraîné la mise en place en 2007 d'une commission « développement durable » au sein de la principale fédération patronale de la branche, Syntec Informatique. Cette commission s'interroge notamment : comment valoriser le rôle positif du métier d'informaticien pour la société dans son ensemble ?
Le wecena est perçu comme un moyen tangible pour, a minima, illustrer sa RSE (point de vue communication) et, au mieux, l'exercer (point de vue impact social).
Wecena fait le pari que cette émergence est pérenne, que la demande RSE des SSII deviendra structurelle, et que les remises en cause des modèles financiers ayant conduit à la crise économique contribueront durablement à ces transformations.
La crise : encore plus d'intercontrat que d'habitude
En SSII, la crise économique de 2008 a notamment pour effet d'augmenter la fréquence et la durée des intercontrats. Patronat et syndicats évoquent début 2009 un possible doublement de ces taux et échouent à se mettre d'accord sur l'extension de mesures de chômage partiel à l'ensemble de la profession. La presse spécialisé (01 Informatique, n° 1990) titre sur les trois solutions pour gérer ses intercontrats : le chômage partiel, le prêt de main d'oeuvre au sein d'un pôle de compétitivité et le mécénat de compétences.
Hors SSII, d'autres organisations informatiques doivent également gérer les temps morts d'une partie de leurs salariés alors que le phénomène d'intercontrat est étranger à leur culture et leurs modes de gestion : il s'agit des directions informatiques et des « SSII internes » de grands groupes de la distribution, de la finance, des télécoms. En effet, les entreprises de ces secteurs fortement consommateurs de prestations informatiques internalisent parfois une partie de la fonction informatique plutôt que de miser à 100% sur son externalisation auprès des SSII. Cependant, à cause de la crise économique, nombre de budgets des directions métiers, donneuses d'ordre en matière informatique, sont gelés ou annulés. Par conséquents, les prestataires informatiques internes se retrouvent parfois en situation de sur-effectif, de manière conjoncturelle.
Le wecena voit donc son attractivité accrue par la mauvaise conjoncture économique.
Les autres cibles
Les informaticiens à titre bénévole
La main d'oeuvre prêtée par les SSII est ponctionné sur le temps de travail de l'informaticien pour son employeur. Il s'agit de mécénat. A l'inverse, le bénévolat concerne le temps libre de l'informaticien. Celui-ci, étant intervenu le temps de son intercontrat pour un innovateur social bénéficiaire, est encouragé à devenir bénévole et donc à poursuivre son action sur son temps libre.
Le wecena est présenté aux bénéficiaires comme un moyen de recruter des bénévoles à fortes compétences et déjà familiarisés avec le contexte de l'innovation sociale à laquelle ils contribuent grâce à leur première intervention sur leur temps de travail.
Les organisations patronales
Les organisations patronales telles que Syntec Informatique (grosses et moyennes SSII, 80% des effectifs de la branche) ou 3SCI (PME et indépendants) ont un rôle à jouer : le patronat des SSII a conscience des déficits de marque employeur dont souffre cette branche d'activité (cf. supra) et de la difficulté à attirer des jeunes diplômés préférant souvent se faire embaucher dans le service informatique de l'utilisateur final plutôt que d'être « placé » pour plusieurs mois ou années chez ce même utilisateur en tant que prestataire. La perspective de l'intercontrat n'est pas souvent perçue comme un argument à l'embauche.
Wecena est partenaire de Syntec Informatique depuis 2008.Les organisations syndicales et associations de salariés
Côté informaticiens, des associations professionnelles telles que le MUNCI (Mouvement pour une Union Nationale et Collégiale des Informaticiens) ou des fédérations syndicales telles que la F3C/CFDT (Fédération Communication Conseil et Culture de la CFDT) exercent une vigilance très active sur les pratiques sociales des SSII. Leurs points de vigilance ont très souvent trait à la gestion des intercontrats, au bien-être des salariés en intercontrat et la réalité des discours développement durable dans le secteur.
Wecena est partenaire du MUNCI depuis 2008.D'autres organisations professionnelles ont une influence significative sur le secteur et portent une partie de leur attention sur l'exercice des compétences des informaticiens au bénéfices d'organismes d'intérêt général. C'est notamment le cas du CIGREF (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises).
L'Etat et sa politique fiscale pro-mécénat
L'Etat est un partenaire indirect mais incontournable de Wecena. En effet, le modèle économique du wecena repose sur la mobilisation des économies d'impôts permises, pour les entreprises donatrices de main d'oeuvre, par la loi dite « Aillagon » de 2003 sur le mécénat et l'article 238 bis du code général des impôts. Par cette loi, l'Etat français a transformé la France en un « paradis fiscal » du mécénat de manière à encourager les entreprises à se mobiliser, dans leur propre intérêt économique (le mécénat n'est pas un abus de bien social), au bénéfice de l'intérêt général.
Les alternatives au wecena pour les bénéficiaires
Les organisations potentiellement bénéficiaires du wecena peuvent se tourner vers d'autres solutions pour obtenir des prestations de service informatique.
- Le bénévolat informatique
Il est limité par la difficulté à mettre en relation le besoin social et la compétence informatique requise, malgré l'existence de plate-formes de bénévolat de compétences telles que Passerelles et Compétences. Un autre facteur, plus limitant encore, est la nécessité de disposer de compétences informatiques pérennes (les bénévoles sont volatiles) et des ressources et compétences internes nécessaires pour piloter et gérer les projets (maîtrise d'ouvrage) et les bénévoles eux-mêmes. Enfin, non seulement la création d'un outil informatique consomme des compétences, mais c'est également le cas de son exploitation et de sa maintenance.
- Le bénévolat informatique « open source »
Il représente de gros volumes mais exige un mode d'organisation communautaire spécifique (une « architecture de participation ») et des outils de travail collaboratif via Internet que seules savent mettre en place des associations déjà très compétentes en informatique. Il y a une importante barrière à l'entrée dans le bénévolat informatique, barrière à la fois culturelle, technologique et managériale.
- L'embauche de professionnels de l'informatique
C'est incontournable lorsque l'organisation bénéficiaire atteint une certaine masse critique mais, bien souvent, les budgets limités des associations leurs interdisent d'accéder aux meilleures compétences via le marché de l'emploi.
- L'achat de prestations informatiques
Auprès de SSII, cela reste le plus souvent trop coûteux, même si des SSII « amies » peuvent décider d'abonder la prestation avec du mécénat en compétence ou bien de vendre ces prestations à leur coût de revient. Le prix n'en reste pas moins très élevé, hors de portée de la plupart des budgets, et requiert dans tous les cas des compétences informatiques internes pour pouvoir piloter la prestation achetée et assurer l'exploitation et la maintenance des résultats de cette prestation.
- Le mécénat en numéraire
Il s'agit de bourses, prix et dons effectués le plus souvent via des fondations d'entreprises reste une ressource rare, hasardeuse et coûteuse à obtenir (dossiers, soutenance, …) et donc limitée. Ces dons permettent d'acheter des prestations de services auprès de SSII.
- Le mécénat de compétences
C'est de plus en plus fréquent mais, encore une fois, la forte valeur commerciale (ou la relative rareté des compétences informatique) en limite l'accessibilité. Seules quelques rares SSII de « haut de gamme » (ex: Fondation Accenture) offrent systématiquement, à un nombre restreint de bénéficiaires, des duos ou trios de consultants affectés pour quelques mois. Des plates-formes de mise en relation bénéficiaires / mécénes de compétences se multiplient (KOEO, Meebo, Charitic) mais avec une approche généraliste et en ciblant des engagements de durée pour les prestations offertes. A la différence du mécénat de compétences classique, le wecena ne génère aucun manque à gagner pour le mécène car les interventions individuelles se font sans engagement de durée : les volontaires interrompent leur intervention dès leur affectation à une nouvelle mission commerciale. A la différence du mécénat de compétences classique, le wecena donne accès à des prestations de conseil offerte par un professionnel de l'informatique connaissant bien le secteur de l'innovation sociale : l'entreprise Wecena.
Les alternatives classiques au wecena pour les SSII
Les salariés des SSII peuvent bien entendu s'engager en tant qu'informaticien bénévole auprès d'une association, voire même exercer leur rôle de bénévole pendant leur temps de travail en intercontrat. Mais rares sont ceux qui ont connaissance des besoins en compétences informatiques des innovateurs sociaux ou qui ont l'occasion de s'engager auprès d'eux.
Les sociétés de service, quant à elles, exploitent une large palette de possibilités pour gérer leurs intercontrats :
- Les congés et RTT
On incite le collaborateur en intercontrat à poser immédiatement ses congés et à consommer ses jours de RTT ; cependant l'entreprise ne peut imposer ce choix au salarié que pour une petite partie de ces jours.
- Les appels d'offres et reclassements temporaires en interne,
On demande au collaborateur de contribuer, sur quelques jours, à la réponse à un appel d'offre ou bien à la correction de bugs sur un logiciel développé « au forfait », en interne ou pour un client ; mais la réponse aux appels d'offres ne concerne que les consultants les plus expérimentés et l'affectation à des projets internes nécessite une gestion coûteuse en supervision alors que la priorité des investissements ira plutôt à l'effort commercial visant à réduire la durée de l'intercontrat.
- Les reclassements à plus long terme sur des projets « au forfait »
Dans les rares cas où le collaborateur dispose des compétences technologiques dont une équipe a besoin au même instant pour réaliser un projet « au forfait » (par opposition à la régie chez le client) pour un client, le collaborateur peut être affecté à cette équipe.
- L'oisiveté à domicile ou en agence
Le plus souvent, le collaborateur reste inoccupé au siège de l'entreprise, dans son agence locale ou, notamment pour économiser les mètres-carrés, à son domicile ; il doit se tenir prêt à répondre à un appel téléphonique de son manager commercial pour participer à tout entretien chez un prospect.
- Les formations
Un usage judicieux du temps d'intercontrat consiste à se former, les technologies informatiques évoluant vite ; des fonds permettent de cofinancer ces formations (fonds FAFIEC, DIF...) mais mettre un collaborateur en formation suppose un engagement de durée et donc un manque potentiel à gagner si cette indisponibilité pour formation fait échouer une opportunité commerciale ; les formations courtes sont privilégiées mais d'un intérêt limité ; on incite parfois le collaborateur à s'auto-former avec les moyens du bord.
- Le licenciement économique ou abusif
Lorsque la situation économique est tendue, les collaborateurs en intercontrat sont les premiers visés par les plans de licenciement ; pourtant la justice ne reconnaît pas la situation d'intercontrat comme un critère légal suffisant pour identifier les personnes licenciables dans un plan de sauvegarde de l'emploi ; les représentant du personnel veillent aux pratiques abusives en la matière.
En conclusion, le wecena peut venir en complément de ces solutions classiques en matière de gestion des intercontrats car celles-ci ne suffisent jamais pour absorber 100% des intercontrat dans la SSII. En plus, il a certains avantages uniques :
- le wecena ne génère pas de surcoût significatif (contrairement aux formations, aux reclassements temporaires et au licenciement),
- le wecena s'adresse à tous les consultants quelque soit leur niveau (contrairement à l'affectation à des réponses aux appels d'offres),
- le wecena est faisable même pour les entreprises qui font peu de forfait (contrairement au reclassement sur des projets au forfait),
- le wecena est souvent mieux vécu que l'oisiveté et ne comporte pas de risques de dérive des comportements et attitudes (ponctualité, motivation...),
- le wecena maintient le consultant 100% disponible pour le retour en mission lucrative (contrairement aux prises forcées de congés, aux formations, aux reclassements internes et au licenciement)
Autres alternatives au wecena pour les SSII
D'autres alternatives sont moins fréquemment utilisées.
- Le chômage partiel
Dans certaines circonstances exceptionnelles où un établissement entier d'une SSII est touché par la brutale interruption d'activité d'un client (exemple des sous-traitants de l'industrie automobile fin 2008), cet établissement peut être autorisé à mettre ses salariés en chômage partiel ; début 2009, syndicats et patronat envisagent, mais avec grandes difficultés, d'étendre le dispositif du chômage partiel dans le secteur.
- Le prêt de main d'oeuvre au sein des pôles de compétitivité
Pour les rares établissements de SSII membres d'un pôle de compétitivité et ayant un partenaire en sous-effectif au sein de ce même pôle, il est possible de lui prêter des collaborateurs en intercontrat (il prend alors en charge leur salaire) ; mais le coût de transfert n'est pas négligeable et l'intérêt limité en période de crise puisque rares sont les entreprises proches des SSII à être dans le même pôle de compétitivité et en situation de sous-effectif sans pour autant disposer d'un budget pour acheter des prestations à cette SSII.
- La défiscalisation par le crédit impôt recherche
L'affectation d'un collaborateur à un projet de recherche appliquée ou de prototypage permet de défiscaliser une partie de son coût de revient ; cependant la plupart des informaticiens ne sont pas qualifiés pour faire de la recherche scientifique et, surtout, il est difficile de justifier d'une affectation à une activité de recherche lorsque celle-ci est limitée à quelques jours seulement.
- Le mécénat logiciels libres
Dans certaines SSII avec une forte activité autour des logiciels libres, les collaborateurs en intercontrat sont encouragés à contribuer de manière bénévole au projet informatique « open source » de leur choix ; des associations de promotion des logiciels libres proposent d'étendre le régime fiscal du mécénat à ce type de contribution et cette proposition est reprise en 2007 par le rapport de Jacques Attali sur les freins de la croissance ; mais elle n'est pas (encore ?) traduite dans l'évolution de droit sur le mécénat.
- Le mécénat de compétences
Les SSII pratiquant le mécénat de compétences (via leur fondation par exemple) affectent en priorité à ces dons de prestations des collaborateurs pris sur les effectifs actuellement en intercontrat ; cela permet d'alléger partiellement le coût de ce mécénat ; il s'agit cependant de mécénat de compétences avec engagement sur la durée et donc avec un important manque à gagner puisque le collaborateur dont les services sont offerts est indisponible pour toute mission commerciale, le temps que son intervention en mécénat soit terminée.
- Le congé de solidarité internationale
Certaines SSII proposent à leurs collaborateurs en intercontrat de poser un congé de solidarité au cours duquel il effectuera, le plus souvent une mission de 2 semaines à un mois auprès d'une ONG à l'étranger ; le plus souvent, ce congé est pris sur les congés payés et jours de RTT (sinon, il est « sans solde ») ; ce type de congés entre généralement dans le cadre d'une politique de mécénat, l'entreprise cofinançant le coût de la mission.
En conclusion, le wecena a des avantages uniques par rapport à ces autres alternatives :
- le wecena ne nécessite pas d'accord de l'Etat ni des syndicats, contrairement au chômage partiel,
- le wecena est faisable même sur des durées d'intercontrat courtes et imprévisibles (contrairement à des affectations à des activités de recherche),
- le wecena n'est pas limité aux membres d'un même pôle de compétitivité (très peu de SSII sont membres de ces pôles),
- le wecena ne nécessite pas de nouveau cadre juridique, contrairement au mécénat open source (que nous appelons malgré tout de nos voeux),
- le wecena ne nécessite pas d'investir dans une gestion complète d'un mécénat de compétences puisque les bénéficiaires du wecena offrent aux SSII mécènes une solution « clefs en main » et sans engagement,
- le wecena ne nécessite pas d'absence prolongé du consultant ni de surcoût pour l'entreprise (contrairement au congé solidaire à l'international)
